Migrer vers le cloud n’est pas un projet d’infrastructure, c’est un projet d’entreprise. Les échecs que nous rencontrons ne viennent presque jamais de la technique — ils viennent de décisions prises trop tôt, ou pas assez tôt.
1. Recopier l’existant à l’identique
Le fameux lift and shift intégral : on soulève l’existant et on le repose dans le cloud sans rien changer. C’est rapide, rassurant… et cher. On hérite de tous les défauts de dimensionnement de l’ancien monde, avec en prime une facture à l’usage.
2. Négliger la trajectoire de coûts
Sans modèle de coûts dès le cadrage, la migration se pilote à l’aveugle. On découvre le prix réel une fois en production — trop tard pour arbitrer sereinement.
3. Oublier la réversibilité
Un bon socle cloud, c’est aussi savoir en sortir. S’enfermer dans des services propriétaires sans stratégie de sortie, c’est troquer une dépendance contre une autre.
On ne migre pas pour être dans le cloud. On migre pour gagner en agilité, en sécurité ou en coût — et il faut savoir lequel des trois.
4. Migrer d’un bloc
Le big bang maximise le risque et concentre la charge. Une migration par paliers permet d’apprendre, de corriger, et de ne jamais mettre toute l’activité en jeu d’un coup.
5. Laisser les équipes au bord de la route
La meilleure architecture ne vaut rien si les équipes qui l’exploitent n’ont pas été formées et embarquées. La conduite du changement n’est pas l’étape finale : elle commence dès le premier atelier.